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21 octobre 2017

Léon-Paul Fargue, sur les Parisiennes


« Il n'y a plus guère de Parisiennes. Ce qu'on rencontre de nos jours dans les salons, chez les ministres, chez Maxim's, dans les coulisses des petits théâtres, ce sont des femmes du monde de gauche, occupées de la France, de l'Espagne ou de l'Honneur, des boutiquières de province qui ont donné un coup de main, ou plutôt un coup de reins à la carrière de leur mari, des femmes de chambre que le coup de grisou cinématographique a placées au premier rang de l'actualité, et qu'on invite, et qu'on admire et qu'on gâte ! Non, il n'y a plus beaucoup de Parisiennes à notre époque de parvenus, d'hypocrites, d'opportunistes ou de sectaires. Elles ont eu peur. »

Léon-Paul Fargue, Le piéton de Paris (1932) ; Gallimard.

10 février 2013

Henri Calet, sur le cinéma


« (...) Le cinéma, c'est notre théâtre, comme le poireau est l'asperge du pauvre. (...) »

Henri Calet, Le tout sur le tout (1948) ; éditions Gallimard.

24 novembre 2011

Louis-Ferdinand Céline, sur le cinéma


« (...) Comment éberluer, tenir dans les chaînes toutes ces viandes mornes ?... en plus des discours et de l'alcool ? Par la radio, le cinéma ! On leur fabrique des dieux nouveaux ! Et du même coup, s'il le faut, plus idoles nouvelles par mois ! de plus en plus niaises et plus creuses ! Mr. Fairbanks, Mr. Powell, donnerez-vous l'immense joie aux multitudes qui vous adulent, de daigner un petit instant paraître en personne ? dans toute votre gloire bouleversante ? épanouissime ? quelques secondes éternelles ? sur un trône tout en or massif ? que cinquante nations du monde puissent enfin contempler dans la chair de Dieu !... Ce n'est plus aux artistes inouïs, aux génies sublimissimes que s'adressent nos timides prières... nos ferveurs brûlantes... c'est aux dieux, aux dieux des veaux... les plus puissants, les plus réels de tous les dieux... Comment se fabriquent, je vous le demande, les idoles dont se peuplent tous les rêves des générations d'aujourd'hui ? Comment le plus infime crétin, le canard le plus rebutant, la plus désespérante donzelle, peuvent-ils se muer en dieux ?... déesses ?... recueillir plus d'âmes en un jour que Jésus-Christ en deux mille ans ?... Publicité ! Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l'or et devant la merde !... Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n'eut jamais dans toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus insignifiante est l'idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le coeur des foules... mieux la publicité s'accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l'idolâtrie... Ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture. (...) »

Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre (1937)

23 octobre 2011

Georges Hyvernaud, sur le cinéma


« (...) Épatant, le cinéma, comme narcotique. Le cinéma, le grand bazar de l'hébétude, la chaude boutique du rêve tout fait, tout cuit, démocratique et standard. Il n'y a qu'à s'asseoir, à être là, à ouvrir les yeux. A être un homme de la foule, consentant, passif, soumis à la frénésie mécanique des images, livré aux spectres, sans passé et sans avenir. (...) »

Georges Hyvernaud, La peau et les os (1949).
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