Douglas Kennedy ou comment faire le tour d'un écrivain en moins de trois romans. D'abord séduit par l'histoire riche en aventures et en rebondissements, jalonnée d'une bribe de réflexion bienvenue sur le mariage, de L'homme qui voulait vivre sa vie (admirez la couverture digne des plus succulents romans à l'eau de rose, merci Pocket...), puis agréablement surpris par le changement de cap de Cul-de-sac (son premier roman) et son aventure quasi carcérale chez des bouseux australiens (une autre réflexion sur le mariage, en somme), Rien ne va plus m'a rapidement confronté à une profonde lassitude, due principalement à la routine qui s'installe dans les histoires de Kennedy. On y retrouve visiblement toujours un personnage principal issu d'un milieu bourgeois, propre sur lui, cultivé et même un brin pédant, séducteur presque malgré lui (le côté insupportablement geignard du héros de Rien ne va plus me paraît assez incompatible avec son numéro de tombeur...), vivant toujours des histoires d'amour avec des femmes parfaites, bref, c'est finalement très conventionnel et ça ne bouge pas d'un iota ; de L'homme qui voulait vivre sa vie à Rien ne va plus, on a clairement l'impression de lire le même roman, qu'on pourrait résumer par l'histoire d'un homme au faîte de sa réussite sociale qui perd tout et doit reconstruire sa vie ; seul le nom des personnages change. Pourtant, cet américain expatrié a un talent évident de narrateur, ses histoires sont bien ficelées, bien documentées sur le milieu traité, mais il me semblerait plus dans son élément en tant que scénariste qu'en tant qu'écrivain. Ses livres ne correspondent tout simplement pas ce que j'attends d'une lecture, pour moi, il donne dans le cinéma écrit, or, je préfère le cinéma sur écran que sur papier. J'ai l'impression de perdre mon temps à lire ce genre de roman qui ne m'apporte rien, aucune (ou peu) réflexion personnelle de la part de l'auteur, pas d'univers personnel, en fait, rien de personnel, juste une histoire à lire.
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