24 février 2012

Premières lignes : Le temps de la sottise de RAYMOND GUÉRIN


« Je me souviens de ce texte où M. de Montherlant exaltait le temps de la guerre. Certes c'est un temps de virilité, encore que les caractères efféminés s'y libèrent. Certes c'est un temps de camaraderie, encore que beaucoup, soldats ou officiers, se jalousent avec égoïsme, se nuisent et se desservent. Mais, tout de même, ce n'est pas un temps de raison et de beauté, et M. de Montherlant aura beau écrire, M. Armand Petitjean aura beau délirer, ils n'empêcheront pas que j'ai vu ce que j'ai vu.
Oh! bien sûr, avant, je restais sur mes gardes. M. de Montherlant avait été à la guerre. Et moi, pas. M. Armand Petitjean avait vécu sur la ligne Maginot. Et moi, pas. Mais, maintenant, je sais à quoi m'en tenir. Qu'ils cessent de mentir, de prendre leurs désirs pour des réalités, de se griser de mots et d'images. (...) »

Raymond Guérin, Le temps de la sottise (1939-40) ; première publication posthume en 1988, aux éditions Le Dilettante.

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