14 septembre 2010

Cesare PAVESE : Terre d'exil et autres nouvelles

Dans la série "Souvenirs un peu poussiéreux d'un pas grand-chose", parce que je n'ai pas une mémoire infaillible et que ma bibliothèque voyageuse est toujours en transit, ce petit recueil de nouvelles a été une sorte de révélation pour moi l'an dernier. Celle d'un écrivain capable de restituer ses émotions sans les dénaturer. En trois nouvelles, il peint trois portraits de femmes, avec manifestement une forte empreinte de vécu. Ce ne sont pas les portraits d'un amoureux transi, mais ceux d'un homme lucide et détaché par rapport aux femmes et à lui-même. Pavese ne fabrique pas du sentiment lorsqu'il n'y en a pas, il ne se construit pas plus un personnage. Lorsqu'il se comporte comme un mufle, il ne le cache pas. Lorsqu'il est stupidement épris et s'embarque dans un amour impossible, dégradant et masochiste, il ne cherche pas non plus à sauver les apparences.  Il ne donne pas plus dans le larmoyant, les choses sont simplement ce qu'elles sont, il ne semble pas se dégager de coupable de ces expériences malheureuses, ou alors la culpabilité revient à la fatalité, à l'ironie de la vie dans laquelle rien ne semble tourner rond. Les situations que Pavese décrit ont une portée universelle évidente, chacun pourra se reconnaître, faire face à ses  propres erreurs dans des relations passées en lisant ces nouvelles. Et on sera également tenté de partager le constat qui se dégage de ces textes : les relations entre hommes et femmes semblent bel et bien sans espoir. 
 
Ces trois nouvelles - écrites dans les années 40 (de mémoire) et dont il convient de signaler l'étonnante modernité - étaient à l'origine réunies dans un recueil plus vaste intitulé Nuit de fête, publié en France chez Gallimard, après la mort de Pavese, et non repris dans le volume Quarto Œuvres.

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